Pendant que les maquilleurs s’attellent à la pose des prothèses avec les yeux qui piquent. Nous autres commençons à charger la voiture et là une très mauvaise surprise se trouve face à moi. Les lanières qui servent de fixation ne tiennent pas aux pièces d’amures. J’ai employé deux marques de colles différentes et l’une d’elle n’adhère pas. Comme par hasard c’est celle que j’ai utilisé en plus grosse quantité. J’arrive quand même à en refixer avec des rivets et je me sens épargné pour la suite, erreur.

Fin du chargement dans les voitures. Les maquilleurs prennent du retard car ils ont les 4 acteurs à grimer. Nous commençons notre ascension sur le lieu de tournage. Là haut, une première partie de l’équipe est déjà sur place et râle de notre retard, dans la bonne humeur bien sur. Nous commençons à équiper deux des acteurs qui sont montés avec nous. D’autres foutues lanières se décollent. Et soudain c’est le drame ! Je me vois obligé de percer certaines pièces d’armure sur un des acteurs (sic). Je ne dirai pas qu’il n’y avait pas de danger mais en tout cas il n’y a pas eu de blessé. C’est une chose qui n’est pas à refaire. Autant vous dire que j’avais un sérieux doute sur la mobilité des armures, de l’impact visuel final et surtout sur le fait que ce soit ma première réalisation. Beaucoup trop de choses à gérer en même, il va falloir s’organiser différemment pour les projets futur et réussir à déléguer. Ce que je n’ai toujours pas réussi à faire.

Les repérages de décor que nous avons fait pour les lieux de tournages, certains s’avèrent impraticable avec les armures, surtout avec les grosses chaussures. Mes caméramans qui faisaient leur test, trouve une solution de repli, juste un plus loin, qui s’avère parfaite. Nos comédiens se mettent en place et nous continuons à installer les armures sur leur pauvres petits dos pas très musclés. Les armures font en moyenne 15 kilos. C’est surtout du au bagpack qui se trouve dans le dos. D’une part il est lourd mais il déséquilibre.

Je suis embué par le stress, la fatigue et le doute quand soudain je lève la tête. Mes quatre acteurs sont en place sur le décor avec les armures sur le dos. C’est alors que la magie du cinéma opère. Tout équipés, je les trouve très impressionnant. Les peintures avec toutes les éraflures et les éclats ajoutent une crédibilité et un réalisme qui peut manquer dans certains courts métrages du même type. Nous pouvons enfin commencer à shooter. Nous sommes en retard mais nous avions prévu large car nous filmons en extérieur sans lumière additionnelle.

Durant ce premier jour nous avions un ciel bleu quasi parfait, même pas besoin de sortir avec un fond pour le détourage. C’était tout simplement parfait. Nous filmons tous les gros plans pour profiter que le maquillage soit frais. Nous shootons plusieurs heures, tout ce passe pour le mieux. Les armures morflent un peu durant les scènes de courses mais elles tiennent. Tous les touristes qui sont en randonné dans le coin nous demandent si nous filmons un nouveau star wars ou si l’armure peut voler. Nous répondons que oui mais de ne rien dire à personne. En fin d’après midi nous filmons quelques scènes sur fond vert, il y a énormément de vent sur place. Plein de gamin d’une MJC ou d’un centre quelconque viennent nous voir et après le tournage demandent des autographes à nos acteurs. Priceless !

Fin de la première journée. Nous rangeons et descendons et la montagne. C’est alors que je me souviens que nous n’avons pas eu notre Tank. On en discute avec Alex et c’est alors que j’ai un flash. Un mois auparavant, mon meilleur pote me montre le jeu vidéo Dawn of War qui prend place dans le monde de Warhammer 40K et j’avais vu des Space Marines se faire expédier sur la planète par capsule. Eureka Marty ! Nous avons notre solution.

Retour à l’atelier pour un debrief et réparation des armures qui ont quand même pris un peu cher. Tout le monde est content et confiant. Nous allons nous coucher après quelques bières. Il est 21h30, lol.

Le matin du deuxième jour, nous commençons à la même heure. Nous montons sur site, j’oublie encore des pièces d’armures à l’atelier. Oui, j’étais du genre à oublier mon cartable en allant à l’école, je suis de ceux-là. Nous n’avons qu’un acteur à maquiller, notre sergent Axel. Aujourd’hui nous ne filmons principalement que les scènes de course sur plan fixe. Ils vont nous servir à faire nos cumule de passages pour qu’ils paraissent 40 et nos 4 à l’image. Les armures sont montées beaucoup plus rapidement sur nos acteurs. Ils râlent de plus en plus car c’est très lourd, ça leur cisaille les épaules et déjà fatigué par les futurs courses. Nous avons un système de piquet en bois sous les sacs à dos pour les soulager du poids.

Ce jour là le ciel est gris et nuageux, pas cool. De plus, il est organisé une course d’orientation juste à côté mais ils ne sont jamais passés dans le champ. Un journaliste du Dauphiné Libéré veut faire un petit article sur nous, le début de la gloire peut-être. Un papy vient nous donner de la Gnole aussi, la gloire je vous dis. Nous commençons des courses sur petites distance pour échauffer. Ensuite nous attaquons le gros du gros. Des courses en pleines côtes ou il nous fallait crier pour faire ralentir les premiers pour qu’ils restent en paquet à l’image. De nouvelles courses sur une autre distance, celle que vous voyez dans le film et eu raison des armures. Ca a commencé par un des bagpack qui s’arrache de l’armure du sergent. Nous fixons avec du fil de fer. Au fil du temps, le fil de fer commence lui à couper et arracher le dos de l’armure. Un autre bagpack s’arrache etc. etc. etc. Nous terminons certains plans sans sac, qui sont quasi invisible à l’image.

Fin de la seconde et dernière journée de tournage, nous avons tout dans la boite et avons terminé deux heures en avance. Tout le monde est épuisé, les armures en miettes, des coups de soleil ridicule sur le visage du sergent. Un côté de sa face est rose et l’autre blanche. Nous redescendons, nous terminons au fast food mais il ne faut pas trainer, certains Lyonnais doivent rentrer très vite. Le soir nous ne sommes plus qu’une poignée et nous nous retrouvons dans un bar bien funcky d’Annecy (le comptoir de la folie ordinaire pour ne pas le citer). Une seule pinte suffit à nous achever.

Dans la dernière partie, je vous expliquerai pourquoi la post prod fut si longue. Ne vous inquiétez, ça sera un tout petit chapitre et non un gros pavé comme celui-là.

Si vous avez lu, merci. Si non, tant pis, ça me vide mon sac et je me sens mieux. Mais voici sans plus attendre le making-of. Enjoy !


Making-of Blastzone par jossroxor