Nous devions faire une escouade et tourner pleins de petits court métrages appelés « vignette ». C’est le format qu’utilisait Kaamelott à l’époque. Alex et un ami à lui devait écrire les scénarios de ces petites scénettes. Nous avons fait thermoformer certaines pièces de l’armure en plastique pour qu’elles soient un peu plus légère. Tout cela a un peu trainé dans le temps puis Alex est parties au Japon pour monter sa société de Motion Graphic. Il a toujours été un amoureux du pays du soleil levant.

Entre temps je suis retourné sur Annecy et j’ai mis ce projet de côté dans ma tête. Pas mal d’ami autour de moi me demandait ce que j’allais faire de cette armure. J’ai alors pris le taureau par les cornes et décidé de me lancer moi-même dans le monde de la réalisation. Mon ami Adrien Zeppieri me montra alors ce film

C’était parfait pour nous. Nous sommes alors parties sur cette idée. Ca ne peut pas être compliqué ce sont des plans fixes. Erreur, je reviendrai là dessus plus tard. L’acteur principal, Axel, m’a alors aidé en temps qu’assistant Réa et nous avons commencé à écrire un scénario. Puis le découpage technique avec ces axes caméra et tout et tout. Comme tout bon projet de court métrage bénévole nous avons voulu demander à l’armée française de nous prêter un de leur char qui ressemble étrangement au transport de troupe Space Marine. Bien sur on ne l’a pas eu….. En même temps personnes ne les avaient contactés :)

J’ai travaillé durant 2 mois et demi à la réalisation des armures plusieurs heures par jour. Il a fallut aussi contacter l’équipe pour le tournage mais surtout les make-up FX, je n’avais pas du tout le temps de m’en occuper. Entre temps Alex me contact et me dit qu’il sera en vacance sur Lyon fin septembre. Hasard ou destin, exactement durant les dates de tournage du court métrage. Autant vous dire que les 2 dernières semaines avant le tournage était plus que charrette. D’autant plus que j’avais eu des commandes professionnels en à côté des armures. Je me souviens avoir peint au pistolet dans ma cabine à peinture archaïque jusqu’à 2h du matin à la lampe frontale. Quelques amis sont venues m’aider de temps à autres et voir ou en était ma santé mentale. Pas de chance pour eux, je leur ai fait poncer les armures. Sale boulot mais tout le monde peut le faire. Laurence la maquilleuse m’a aidé plus d’une vingtaine de jours, elle a ainsi appris pas mal de technique.

Dernier jour avant tournage. L’un des pires jours de ma vie. Début de journée 8h. Pas toutes les pièces ne sont poncées, encore trop de chose à faire. Il faut aussi aller récupérer les amis à la gare car la plupart vienne de Lyon et n’ont pas de voiture. C’est tout d’un coup devenu une vraie fourmilière à l’atelier. Tout le monde met la main à la pate en fin d’après midi. On me pose pleins de questions, je me disperse et je suis encore plus en retard. Arrive alors les 22h et quasi rien n’est terminé. J’annonce alors à tout le monde que le projet est avorté. Il n’y aura pas de film. Rentrez chez vous et laissez-moi mourir dans la résine tranquillement. Les mots de certains m’ont « redonnés » confiance. C’était du genre. _Tu rigoles ? Tu vas terminer faignasse! _Mais non j’ai confiance tout sera près à l’heure! _J’ai mal aux mains, je peux arrêter de t’aider?

Toutes ces phrases sont vraies même si la dernière ne m’a pas spécialement motivé, lol. Entre ma mère et ma sœur peignant les pièces en latex dans le salon, les amis et techniciens en train d’abimés les armures à coup de papier de verre et de perceuse pour les rendre plus crédibles.

5heures du matin, je suis sur les rotules, nous ne sommes plus que 4 à bosser. Tout le monde dort depuis un moment. Le tournage étant prévu pour 9h sur le décor. Il est à 30 minutes de route de l’atelier et surtout il faut se lever à 7h pour maquiller les comédiens. Il est donc 5 heures du matin, j’ai collé toute les fixations, mon pote Jérémie a terminé de fixer les épaulettes au bras de l’armure et rentre chez lui. Mes 2 maquilleurs préférés reviennent dans l’atelier et me voient les yeux dans le flou. Ils me disent alors qu’ils sont motivés pour terminer les casques. Il faut coller le papier sans teint sur des plexiglas et eux-mêmes dans le casque.

Quel plaisir de retrouver son lit pour dormir 2 heures. Les acteurs sont à l’heure et commencent à s’installer pour la pose de prothèses et le maquillage. Mes maquilleurs arrivent après s’être reposés moins d’une heure. Nous sommes dans les temps.

Suite de cette aventure éprouvante dans le prochain numéro. En bonus vous aurez la vidéo du making of :)